![]() | Tous les trois ans, les Parties contractantes à la Convention de Ramsar sur les zones humides se réunissent à la Conférence des Parties (COP) pour définir le programme de la prochaine période triennale et pour examiner les orientations fournies sur une série de problématiques en cours ou émergentes concernant la gestion des zones humides. La Convention de Ramsar est l'un des plus anciens traités mondiaux en matière de protection de l'environnement. La 15e session (COP15) s’est tenue du 23 juillet au 31 juillet 2025, à Victoria Falls, au Zimbabwe, quelques semaines seulement après un avertissement alarmant des scientifiques sur la destruction et la dégradation accélérée des zones humides à l’échelle mondiale. Ce déclin, souvent négligé, compromet la sécurité alimentaire et hydrique et aggrave les effets du changement climatique, soulignant l’urgence d’une action concertée et renforcée pour préserver ces écosystèmes vitaux. Plus de 170 nations ont pris part à la COP15. Toutefois, les États-Unis ont brillé par leur absence. Malgré les appels à renforcer les financements pour protéger les zones humides, les délégués à la COP15 ont refusé d’augmenter le budget et se sont heurtés à une impasse concernant le plan stratégique quinquennal. Rapidement, des tensions géopolitiques ont perturbé les débats : le deuxième jour, la Russie a annoncé son retrait de la Convention, dénonçant la politisation de la conférence. Lors de la précédente COP en 2022, une résolution avait été adoptée pour surveiller les zones humides ukrainiennes touchées par la guerre. En 2025, l’Ukraine a proposé de prolonger cette surveillance et exigé la libération d’un scientifique ukrainien détenu par la Russie. La résolution a été soutenue par les pays occidentaux, mais rejetée par le Brésil, Cuba, l’Indonésie, l’Iran, la Chine et le Venezuela. La délégation chinoise a affirmé que les débats politiques nuisaient à l’objectif premier de la convention : la préservation des zones humides. Line Rochefort, professeure à l’Université Laval et directrice du GRET, était présente à la COP15 en tant que représentante de l'Amérique du Nord et experte régionale et technique au sein du Groupe de travail sur la gestion et du Comité permanent actuel (2023-2025). Le Canada a soutenu la résolution visant à poursuivre la surveillance des zones humides ukrainiennes, affirmant qu’elle était purement technique. Line Rochefort a souligné que le retrait de la Russie de la Convention Ramsar pourrait nuire à la lutte contre le changement climatique, car ce pays abrite d’importantes superficies de tourbières, essentielles au stockage du carbone. Elle a exprimé son inquiétude pour l’avenir de la planète et des générations futures, qualifiant cette décision de triste. Voir des articles à ce sujet (en anglais):
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Article
COP15 de la Convention de Ramsar sur les zones humides : quelques nouvelles
Line Rochefort y était en tant que représentante de l'Amérique du Nord et experte régionale et technique au sein du Groupe de travail sur la gestion et du Comité permanent actuel (2023-2025)

