Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET)
Université Laval
 
Thèmes
 
Diversité faunique 1993


Responsable du projet
Équipe
Description

Recolonisation des tourbières abandonnées et restaurées


Ce projet, mené en collaboration avec Jean-Pierre Savard du Service canadien de la faune, a pour but de déterminer si les populations d'oiseaux des tourbières abandonnées ou restaurées tendent à redevenir similaires à celles des tourbières naturelles. Nous avons aussi étudié la recolonisation des tourbières par les amphibiens, les insectes et les mammifères. Notre approche générale est de bâtir une base de données à long terme à partir de visites répétées aux mêmes endroits. Certains de ces sites avaient été abandonnés par l'industrie de la tourbe plusieurs années avant le début de nos recherches, d'autres ont été abandonnés après 1993. Nous avons effectué des inventaires d'oiseaux dans 15 tourbières, initialement aux trois ans, maintenant aux six ans. Le prochain inventaire aura lieu en 2011.


Jusqu'à présent, nous avons découvert que même si les oiseaux colonisent les sites abandonnés rapidement, les communautés reconstituées diffèrent grandement des communautés originales, même après plusieurs décennies post-exploitation. Nos recherches ont aussi montré l'importance des tourbières méridionales dans leur contribution à la biodiversité régionale. Dans les prochaines années, nous aimerions débuter une analyse détaillée des métapopulations de la Paruline à couronne rousse, une espèce étroitement associée aux tourbières.


 


 


Biogéographie des oiseaux des tourbières


Ce projet était l'objet de la thèse doctorale de Sophie Calmé, maintenant professeure à l'Université de Sherbrooke. Ce projet a pris fin en 1999 et avait pour but de comprendre les facteurs régissant la répartition des espèces d'oiseaux parmi des tourbières différant selon leur taille et leur isolement.


Nous avons découvert que l'avifaune des petites tourbières est entièrement représentée dans les tourbières plus grandes, ce qui résulte principalement du fait que certains microhabitats, tels que les herbiers, ne se trouvent que dans les plus grandes tourbières. Ainsi, certains oiseaux comme le Bruant des prés, la Paruline à couronne rousse et la Maubèche des champs ne se retrouvent que dans les grandes tourbières naturelles. Aussi, les recherches de Sophie Calmé ont clairement montré que les tourbières contribuent significativement à la diversité aviaire régionale, particulièrement dans les basses terres du Saint-Laurent.


 


 


Paruline masquée (Geothlypis trichas). (Photographie : A. Desrochers.)




André Desrochers lors d'un inventaire de l'avifaune dans une tourbière.


 



Productivité des oiseaux des tourbières


Ce projet a fait l'objet du mémoire de maîtrise de Stéphanie Haddad, maintenant éditrice au CNRC, Ottawa. Ce projet, mené de 1995 à 1997, a montré que la proximité des opérations de récolte de tourbe ne nuisait pas à la reproduction des oiseaux. Cependant, les tourbières exploitées semblaient être davantage exposées à la prédation des nids d'oiseaux que les tourbières naturelles.


 


 


Oisillons de Paruline à couronne rousse (Dendroica palmarum) au nid (Photographie : S. St-Onge, Ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec).


 



Fréquentation des tourbières par les amphibiens


Le déclin mondial des amphibiens inquiète les conservationnistes. Dans ce projet, Marc Mazerolle (Ph.D., maintenant professionnel de recherche à l'UQAT) a comparé l'utilisation des milieux tourbeux par les amphibiens à celle des milieux non tourbeux. Marc Mazerolle a trouvé que les amphibiens utilisent les tourbières surtout comme sites d'estivage. De plus, l'intensité de l'exploitation influence la fréquentation des étangs, mais la quantité et la proximité d'habitats complémentaires (c.-à-d., étangs adjacents, forêt) semblent réduire ces effets. Finalement, les surfaces arides associées à l'exploitation des tourbières entravent les déplacements de ces animaux, bien que ces effets puissent être atténués par la présence de canaux de drainage.


 



 


Tétras du Canada : régionalement dépendant des tourbières?


 


Bien que commun à travers une grande partie de son aire de répartition, le Tétras du Canada (Falcipennis canadensis) a un statut précaire dans le sud du Québec. Ce statut précaire pourrait résulter de la perte et de la fragmentation des complexes conifères/tourbières auxquels l'espèce est régionalement associée. Céline Macabiau (étudiante au doctorat) tente d'élucider ce problème dans un projet mené en collaboration avec le Ministère québécois des Ressources naturelles et de la faune. Dans le cadre de ce projet, Céline Macabiau effectue des inventaires de tétras, ainsi que des suivis d'individus munis de radioémetteurs. La radiotélémétrie s'avèrera particulièrement utile pour déterminer le degré d'utilisation des tourbières par les adultes et les jeunes. Nous effectuerons en 2009 une expérience de translocation (déplacement de mâles sur 25 km) afin de déterminer l'importance de l'isolement des tourbières comme facteur limitant les populations de tétras. La finalité de ce projet est d'apporter des recommandations de gestion des populations du tétras du Canada et de leurs habitats.


 



Tétras du Canada dans un arbre (Photographie : A. Desrochers).


 



Tétras du Canada au sol (Photographie : A. Desrochers).



Publication(s) & communication(s) de ce projet



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