Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET)
Université Laval
 
Réaménagement des tourbières
 

Le réaménagement des tourbières

 

Sous certaines conditions, il n'est pas possible de restaurer les surfaces exploitées en tourbières dominées par les sphaignes. Par exemple, il peut y avoir un problème d'approvisionnement en diaspores, quand aucune zone d'emprunt n'est disponible localement. Dans d'autres cas, il est impossible de remouiller le site convenablement ou la tourbe a été exploitée jusqu'au substrat minéral, rendant impossible toute tentative de restauration par les méthodes actuelles. Quand la restauration des tourbières ne peut pas être envisagée, on peut considérer d'autres options, comme le réaménagement des tourbières. Les principaux objectifs du réaménagement sont de stabiliser le substrat, d'assurer une sécurité publique, d'améliorer l'esthétique d'un site, ou d'utiliser un site pour un usage qui a de l'importance dans un contexte régional.

 

Parmi les options intéressantes pour les tourbières après l'exploitation, on note les plantations arbustives et forestières et la production de petits fruits. Comme l'exploitation de la tourbe est une activité industrielle relativement jeune (l'exploitation a débuté sur une base industrielle à plus grande échelle dans les années 1950 seulement), il n'y a encore que peu de surfaces abandonnées après l'exploitation. Ainsi, nos connaissances et notre expertise sur le réaménagement des tourbières sont très fragmentaires, et les connaissances nous viennent surtout des recherches effectuées en Europe.

 

Nous poursuivons ce programme de recherche dans le cadre de la Chaire industrielle de recherche en aménagement des tourbières. Dès le premier mandat de la chaire, nous nous sommes intéressés à évaluer le potentiel des tourbières abandonnées après l'exploitation industrielle de la tourbe pour l'aménagement arbustif et forestier (mélèze, épinette, pin, etc.) et la production fruitière (aronia, chicouté, etc.).

 

 

Épinette noire (Picea mariana) plantée en 1991 sur une tourbière exploitée à Pointe-Sapin, Nouveau-Brunswick (Photographie : L. Miousse, 2003).
Pin sylvestre (Pinus sylvestris) planté en 2000 sur une tourbière après exploitation à Saint-Bonaventure, Québec (Photographie : L. Miousse, 2003).
Épinette noire (Picea mariana) plantée en 1990 sur une tourbière après exploitation à Pointe-Sapin, Nouveau-Brunswick (Photographie : S. Boudreau, 2001).
Potentiel d'établissement d'essences forestières en tourbières résiduelles 2002 - 2005


Responsable du projet
Équipe
Description
Résumé du projet1

La plantation d'arbres figure parmi les options de réaménagement complémentaires à la restauration des tourbières résiduelles. Aucune étude n'avait toutefois été effectuée concernant le potentiel de telles plantations dans l'est du Canada. Le présent projet avait pour principal objectif de dresser un portrait des plantations existantes en tourbières résiduelles canadiennes, afin de connaître le potentiel de différentes essences forestières à croître sur substrat tourbeux.

La majorité des essais d'implantation d'essences forestières sur tourbe dans l'est du Canada ont été visités en 2002 afin de dresser un portrait du potentiel forestier des tourbières abandonnées après exploitation de la tourbe horticole. Une expérience de fertilisation a également été menée afin de trouver la dose appropriée d'éléments nutritifs à appliquer pour de telles plantations.

La performance a été évaluée par la mesure de la survie, de la hauteur et de la longueur de la flèche terminale des essences plantées : l'Érable rouge (Acer
rubrum
L.), le Mélèze laricin (Larix laricina (Du Roi) Koch.), l'Épinette noire (Picea
mariana
(Mill.) BSP.), le Pin gris (Pinus banksiana Lamb.), le Pin sylvestre (P. sylvestris L.) et le Peuplier hybride (Hybrides Populus spp.).

À la suite de la comparaison des rendements de chacune des espèces avec les valeurs standard de la littérature, l'étude permet de conclure qu'il existe un bon potentiel pour le Mélèze laricin et l'Épinette noire en tourbière résiduelle. L'Érable rouge, le Pin gris et le Pin sylvestre ont donné des résultats mitigés, tandis que les plantations de Peuplier hybride se sont avérées un échec. L'expérience de fertilisation révèle qu'un plateau maximal est atteint, pour la hauteur et la longueur de la flèche terminale des plants, lorsque la moitié de la dose recommandée pour la production d'arbres en plein champ est utilisée, soit 122,5 g/plant de 3,4-19-29,2 (NP2O5-K2O).

Il est donc possible de planter avec succès certaines essences forestières en tourbières résiduelles si leur nutrition est prise en charge.
Publication(s) & communication(s) de ce projet
Autres
1 Extrait du mémoire : Bussières, J. 2005. Potentiel d'établissement d'essences forestières et fruitières en tourbières résiduelles. Mémoire de M.Sc., Département de phytologie, Université Laval, Sainte-Foy.



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