Grupo de investigación en ecología de turberas
Université Laval
 
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Régénération naturelle des tourbières exploitées 1994


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Les tourbières sont exploitées depuis plusieurs décennies pour extraire la tourbe à des fins horticoles. Certaines d'entre-elles se régénèrent très bien, alors que d'autres sont dépourvues de plantes plusieurs années après l'arrêt de l'exploitation.

La méthode d'extraction de la tourbe a une influence certaine sur la qualité de la régénération, les tourbières exploitées de façon manuelle (avant 1970) se régénérant beaucoup plus rapidement que les tourbières aspirées. Ceci dit, dans les deux cas, la régénération en sphaignes est peu importante. Des caractéristiques hydrologiques peu propices à la croissance des sphaignes expliquent cet insuccès. De plus, dans les tourbières aspirées, une combinaison de facteurs (sécheresse du sol en surface, érosion et oxydation du sol, soulèvement gélival, dissémination déficiente des graines et des spores) rendent très difficile l'établissement de la quasi-totalité des espèces de tourbière.


Techniques artisanales de récolte de tourbe, Isle-Verte, Bas-Saint-Laurent (tiré de Risi et al. 1954).


 



Tourbière aspirée avec régénération naturelle difficile, Rivière-du-Loup, Bas-Saint-Laurent (Photographie : C. Lavoie).



La séquence d'abandon des parcelles influence aussi fortement le processus de recolonisation. L'abandon d'une parcelle entourée de secteurs toujours en exploitation favorise son envahissement massif par les arbres et empêche la réintroduction des sphaignes.


Tourbière de Cacouna : exploitation maximale, 1963 (Photographie : M. Girard).




Tourbière de Cacouna : État de la recolonisation végétale en 1990. La coupe par blocs a été arrêtée vers 1974 et la section aspirée a été abandonnée en 1989 (Photographie : M. Girard).



Dans les sites qui se régénèrent spontanément, des indices suggèrent le retour de certaines fonctions de l'écosystème. L'activité microbienne se rétablit lentement et on mesure, au sein des tapis de sphaignes, des caractéristiques similaires à celles de l'acrotelme des tourbières naturelles. D'un autre côté, les espèces d'oiseaux des sites qui se régénèrent de façon naturelle diffèrent de celles présentes dans les parcelles non exploitées avoisinantes, et ce, même après plusieurs années.


Espèces envahissantes dans les tourbières

Malgré un environnement hostile à la croissance de la plupart des plantes, quelques espèces ont malgré tout un certain succès dans les tourbières aspirées et peuvent même devenir très envahissantes. C'est notamment le cas des bouleaux (Betula spp.) et de la linaigrette (Eriophorum vaginatum). Dans le cas des bouleaux, le phénomène semble temporaire car les arbres montrent quelques années après leur établissement des signes évidents de dépérissement. En ce qui concerne la linaigrette, un tel envahissement peut être bénéfique (stabilisation de la surface du sol, préservation de l'humidité du sol, facilitation de l'établissement d'autres plantes) ou nuisible selon que les plantes occupent ou non tout l'espace disponible. Dans le cadre de la Chaire de recherche industrielle en aménagement des tourbières, nous tentons de déterminer quels sont les sites où les bouleaux et la linaigrette posent problème ou, au contraire, facilitent la restauration des sites. Nous suivons notamment depuis 1998, sur une base annuelle, une tourbière envahie par la linaigrette (Saint-Henri-de-Lévis, Québec). Depuis l'été 2003, nous nous attardons aussi à une tourbière restaurée du Nouveau-Brunswick (Maisonnette) massivement envahie par le bouleau (cliquer sur le lien suivant pour localiser les sites espérimentaux).


Tourbière aspirée envahie par le bouleau, Cacouna, Bas-Saint-Laurent (Photographie : C. Lavoie).




Portion d'une tourbière en restauration dominée par la linaigrette (Eriophorum vaginatum), Bois-des-Bel, Bas-Saint-Laurent (Photographie : J.M. Waddington).



Pour plus d'information sur les travaux en matière de régénération naturelle, d'invasions biologiques ou de conservation, voir le site du Laboratoire de recherche sur les plantes envahissantes (LAREPE).

Référence citée :
Risi, J., C. E. Brunette et H. Girard. 1954. Étude chimiques des tourbes du Québec. VI-Tourbière Small Tea Field. VII-Tourbière Large Field. Province de Québec, Ministère des mines, Services des Laboratoires. Report No 301.


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