Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET)
Université Laval
 
Le carbone
 

La captation du carbone


La tourbe qui s’accumule sous la surface de la tourbière est composée de carbone. Puisque la tourbe peut rester emprisonnée pendant plusieurs milliers d’années, les tourbières sont considérées comme des puits de carbone par excellence. Dans les faits, elles contiennent le tiers du carbone contenu dans le sol de la planète. Dans un contexte de réchauffement climatique, les tourbières sont donc essentielles, puisqu’elles emmagasinent des gaz à effet de serre.


Par contre, le réchauffement climatique pourrait avoir des effets néfastes sur les tourbières. Si l’eau s’évapore davantage et que la température de la tourbe augmente, l’activité microbienne pourrait s'accroître dans la tourbe, entraînant une plus grande décomposition, ce qui dégagerait du gaz carbonique dans l’atmosphère. Il en va de même pour la récolte de la tourbe qui nécessite le drainage des tourbières, ce qui élimine les conditions anaérobies et entraîne le retour de la décomposition de la tourbe.

 

Une source de carbone après récolte

La récolte de la tourbe a deux conséquences majeures sur le sol des tourbières, soit le soulèvement gélival et l'oxydation de la tourbe. Le soulèvement gélival se produit lorsque l’eau contenue dans la tourbe gèle en formant des aiguilles de glace, soulevant le sol de plusieurs centimètres (jusqu'à 12 centimètres par endroits) et rendant ainsi le substrat instable. Ce phénomène limite la recolonisation des végétaux, car les aiguilles de glace endommagent les graines et le système racinaire des plantes établies. Il arrive même que la glace fasse sortir les petites touffes de linaigrette et les jeunes bouleaux hors du sol.

Lorsqu'une tourbière est drainée et récoltée, le niveau d'eau diminue et la température augmente à la surface du sol, ce qui entraîne une oxygénation du sol et une augmentation de l'activité microbienne. L’oxydation et la décomposition accrue de la tourbe diminuent son épaisseur et permettent la libération de carbone sous forme de gaz carbonique vers l'atmosphère. On peut le remarquer sur les anciennes souches qui ont été mises à jour à la surface de la tourbière par l’oxydation et la décomposition de la tourbe. De puits de carbone, la tourbière exploitée devient une source de carbone. D'où l'importance de restaurer rapidement les tourbières après l'exploitation.

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