Groupe de recherche en écologie des tourbières (GRET)
Université Laval
 
Hydrologie
 

Texte tiré de :

Quinty, F. & L. Rochefort. 2003. Guide de restauration des tourbières, 2e éd. Association canadienne de mousse de sphaigne et Ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick. Québec, Québec. 119 p.

Flux hydriques

 

Les tourbières à sphaignes (bogs) ne sont alimentées en eau que par les précipitations atmosphériques (gain). L'eau peut soit quitter la tourbière (perte), soit être emmagasinée dans le dépôt de tourbe (eau stockée). Ces flux hydriques peuvent être exprimés par l'équation suivante :

 

Gain d'eau - Perte d'eau = Eau stockée

 

Dans les tourbières naturelles, la perte en eau est en grande partie causée par l'évaporation, qui représente plus de 80 % de la perte d'eau durant l'été. De petites quantités d'eau sont aussi perdues par infiltration ou par le ruissellement en surface, surtout à la fonte des neiges. La différence entre les gains et les pertes d'eau représente l'eau qui se trouve emmagasinée dans la tourbière. L'extraction de la tourbe affecte les pertes d'eau et la capacité de stockage. Dans les tourbières en exploitation, les pertes augmentent et la quantité d'eau emmagasinée diminue. En restauration, il devient donc crucial de trouver des façons de limiter les pertes et de favoriser le stockage de l'eau.

 

Des études récentes montrent que le blocage des canaux de drainage est très efficace pour limiter les pertes d'eau dues au ruissellement et que l'utilisation d'un paillis pour protéger les sphaignes réintroduites réduit substantiellement les pertes causées par l'évaporation. Par contre, la disparition de l'acrotelme, la subsidence (affaissement) due au compactage de la tourbe à la suite du drainage et la décomposition de la tourbe résultant de son exposition à l'air réduisent considérablement la capacité de stockage de l'eau. Cette situation doit être contrebalancée en retenant le plus d'eau possible à l'intérieur des sites en restauration, par l'utilisation de digues par exemple. Il a été démontré que la surface d'un site en restauration s'était élevée à la suite du remouillage, suggérant qu'un certain volume d'eau avait été emmagasiné dans la tourbe résiduelle et que la capacité de stockage de l'eau pouvait être augmentée à court terme.

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