Grupo de investigación en ecología de turberas
Université Laval
 
Les végétaux
 

Texte tiré en partie de :

Quinty, F. & L. Rochefort. 2003. Guide de restauration des tourbières, 2e éd. Association canadienne de mousse de sphaigne et Ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick. Québec, Québec. 119 p.

Habitats et communautés végétales

 

Les écosystèmes de tourbière minérotrophe


La végétation des tourbières minérotrophes est habituellement dominée par les herbacées, suivies de près par les mousses brunes. On peut aussi y trouver des arbustes ainsi que des arbres, tels l’épinette noire, le mélèze laricin et le thuya occidental. Dans le Québec boréal et subarctique, les tourbières minérotrophes sont parmi les habitats qui contiennent la plus grande diversité végétale.


Les communautés des tourbières ombrotrophes


Les sphaignes sont de loin les plantes les plus communes et abondantes dans les tourbières ombrotrophes (bogs). Des linaigrettes (herbacée à coton), des arbustes de la famille des éricacées et quelques conifères vont croître en association avec la sphaigne. Ceci est vrai pour la plupart des systèmes de tourbière ombrotrophe de la planète, de la Tasmanie en passant par la Terre de feu, jusqu’en Alaska et au nord de la Chine. Ce qui retient le plus l’attention lorsqu’on survole les vastes tourbières à sphaignes, c’est la structuration de la végétation qui forme des patrons de surface assez uniques. Parfois la végétation s’ordonne en patrons linéaires où de longues lanières colonisées par des conifères alternent avec des mares allongées supportant des herbiers aquatiques; parfois la structure est désordonnée en un regroupement de mares de différentes tailles parsemées de bosquets d’arbres.

 

Un écologiste foulant le sol de ces vastes tourbières va rencontrer les microformes suivantes en les ordonnant des plus secs au plus humides : les buttes (hummocks), les platières, les tapis flottants, les dépressions (hollows), les mares à fond boueux, les mares permanentes. Cette structuration de la végétation dans les tourbières a toujours été d’un grand intérêt pour les écologistes qui cherchent à expliquer la répartition si nette des plantes en fonction des facteurs écologiques en jeu. 

 

 

Photo montrant une succession de dépressions et de buttes, typique à beaucoup de tourbières ombrotrophes. On peut identifier les dépressions par la présence d'espèces de type graminoïde (en jaune), tandis que les buttes supportent des arbustes (en brun). Ces deux habitats sont habituellement recouverts d'un tapis de sphaignes, mais les espèces s'établissant sur les buttes sont généralement plus appropriées pour la restauration. (Photo : M. Poulin.)

 

Des expériences portant sur la comparaison entre les communautés végétales des buttes et des dépressions montrent que la végétation établie sur les buttes donne de bien meilleurs résultats lorsqu'elle est utilisée comme matériel végétal pour la restauration des tourbières. Les espèces de sphaignes qui croissent sur les buttes sont mieux adaptées aux conditions rencontrées sur les sites de restauration. La présence de mousses, comme le polytric, contribue substantiellement à l'établissement rapide d'un nouveau couvert végétal. Trouvés sur les buttes, le thé du Labrador (Ledum groenlandicum) et le petit daphné (Chamaedaphne calyculata) sont deux espèces d'arbustes appartenant aux éricacées qui s'établissent rapidement et qui accroissent la diversité de la végétation des sites en restauration.

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